A l'école des pages du Roy Soleil

23 janvier 2013

A lire...

Un retour de lecture encourageant... sur le Manuscrit volé.

http://booksbooom.blogspot.fr/2013/01/a-lecole-des-pages-du-roy-soleil-tome-2.html

Mon avis : Ce que j'ai lu là est un tome 2. Mais vu comment j'ai apprécié ce tome, je songe à m'acheter le début et la suite (et peut-être d'autres livres de l'auteur, parce qu'il me prend par les sentiments à écrire du policier).
Déjà, ce qui m'a immédiatement attiré, c'est que la couverture...Elle brille. Et comme j'adore quand les couvertures brillent, je l'ai vu en priorité au Salon du Livre de Besançon. Et puis, aussi, le Roi Soleil est mon roi préféré (malgré toutes les horreurs et les caprices qu'il a produit), j'aime l'art de Versailles, et j'ai un très bon souvenir d'un contrôle où j'ai eut une super note et qui portait sur ce roi tant chéri à mes yeux.
Bref trève de bavardages.

Ce livre destiné à la jeunesse et pourtant ça ne m'a pas dérangé. Le contexte est bien vite placé, et c'est efficace. J'ai tout de suite adhéré au style d'écriture, simple, mais suffisant et pas incompréhensible. On nous enveloppe avec des propos historiques sans nous étouffer avec, et c'est sympathique. On découvre également des personnages que j'ai beaucoup aimé pour la plupart. Jean est assez charimastique, j'aime beaucoup sa façon d'agir et d'être amoureux de Prunelle (et de ne pas être si discret qu'il le devrait, mais je l'ai tout de même trouvé vraiment malin). On voit que c'est encore un enfant et qu'à la fois il est très intelligent. Même chose pour Prunelle. Les deux m'ont fait beaucoup sourire. Mais je crois que le mieux du mieux dans ce livre ça reste tout de même le Duc du Maine, ou le fils du Soleil. Je l'ai trouvé brillant (jeu de mot en vue), tout aussi charismatique que Jean, mais avec un petit plus que je ne saurais décrire, un éclat de noblesse, de supériorité qui à la fois n’agace pas... Et surtout j'ai adoré le fait qu'il soit si curieux et qu'il veuille tellement aider Jean dans son enquête.

Et puis, pour parler de l'enquête de ce manuscrit disparu, je me suis douté d'un truc à la fin, mais j'ai été arrivée de découvrir que je ne me suis pas doutée de tout et que c'était trop bien (enfin, j'ai apprécié être surprise quoi). De plus, si l'enquête qu'ils mènent est assez simple, ce n'est pas un défaut, c'est juste assez rapide mais je crois pas que ça soit si mal que ça pour de la jeunesse. On se doute donc de quelques trucs, on se doute que ça va pas être bien long et on peut connaître assez facilement le déroulement de l'histoire, mais bon.

Moi j'ai trouvé ce livre assez frais, il m'a détendu, et je l'ai donc beaucoup apprécié. Après, il est peut-être trop court à mon goût.

Ma note : 7/10

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23 août 2012

La dernière enquête de Jean de Courçon et de Prunelle est enfin disponible...

Ce jour, j'annonce la sortie des dernières aventures de Jean de Courçon, page de Sa Majesté le Roy Soleil. En voici une courte présentation suivi du premier chapitre :

Lors d’une escapade nocturne dans le château du Roy-Soleil, Jean de Courçon, surprend une conversation entre deux individus. Il apprend ainsi qu'on envisage d’éliminer un personnage de la cour ! N’écoutant que son courage, et sa curiosité, il suit l’un des comploteurs et le trouve en train d’acheter une potion mortelle chez un apothicaire. Avec l’aide de la jolie Prunelle, son amie jardinière du roi, Jean se lance dans une enquête particulièrement délicate et dangereuse, impliquant les plus hauts dignitaires du royaume. Pour découvrir la vérité, cette fois, il devra mettre en jeu sa propre vie…

 

Pages 3

1

Duel sous la lune

 

            Onze heures du soir tintèrent au clocher de Notre-Dame de Versailles. Au premier étage de la Grande Ecurie, une porte s'ouvrit en grinçant légèrement. Une tête d'adolescent à la chevelure brune mi-longue, dont les ondulations étaient soigneusement peignées, émergea puis pivota vivement à droite et à gauche. Le couloir, où s'alignaient les chambres des pages de la Grande Écurie, était désert. Il était plongé dans une étrange pénombre, argentée par les rayons de la pleine lune filtrant au travers des fenêtres en enfilade. Le garçon émit un délicat roucoulement, sortit, puis se planta au milieu de la coursive, poings sur les hanches. Bientôt, toutes les portes s'ouvrirent et le lieu se peupla de garçons d'une quinzaine d'années, en chemise de nuit et mules de satin. Seuls deux d'entre eux, dont le premier apparu, portaient une tenue de carabin de la Sorbonne, sobre et surtout sombre, détail qui avait son importance cette nuit-là.

            Les deux jeunes gens ainsi habillés se toisèrent mutuellement, puis l'un déclara, quelque peu caustique :

            – Mais comment faites-vous, Jean de Courçon, pour avoir l'air d'un paysan auvergnat[1], même vêtu en étudiant de bonne famille ?

            L'interpellé sourit en pinçant les lèvres, puis se rengorgea pour lancer la réplique qui fait mouche :

            – Je remarque, mon cher François de Champin-Bellecourt, que toi, si tu as de l'air, c'est surtout dans la tête. Et tu n'en manques point ! Car pour ce qui est de la subtilité… (il soupira avec gravité) Dieu, comme je plains ton pauvre père d'avoir engendré pareille misère intellectuelle.

            François, qui était aussi blond et orgueilleux que Jean était brun et fier, se retint de se jeter sur son grand rival de l'école des pages. Il se contenta d'un rictus en guise de contre-attaque. Car ce soir-là, se piquer à coups de fines répliques n'était que le prélude à un autre duel, silencieux celui-là et beaucoup plus sérieux, voire dangereux. Un page en chemise de nuit s'imposa au milieu du groupe.

            – Frères de la Chambre[2], silence, je parle ! Comme convenu, je serai l'arbitre du duel qui oppose ci à ma droite François, fils de monseigneur le duc de Champin-Bellecourt, et ci à ma gauche Jean, fils de monsieur le marquis de Courçon.

            Exhibant dans chaque main un petit rouleau de papier blanc, scellé par un cachet de cire, il poursuivit :

            – J'en rappelle les règles : nous avons là une énigme à résoudre et un trésor à trouver. Le premier qui nous rapporte celui-ci a gagné. En punition, le perdant sera dix jours durant le larbin du vainqueur. Si vous vous faites attraper, tant pis pour vous ! Nous nierons toute connivence ou complicité, et vous serez abandonnés à votre châtiment. Messieurs, dans l'honneur et la dignité, main droite levée et la foi au cœur, jurez !

            – Nous jurons ! prononcèrent les adversaires d'une même voix, se fixant d'un regard aiguisé comme une hache de guerre.

            – Que le plus malin gagne ! Voici votre énigme.

            Le page maître du jeu remit à chacun son rouleau. Avec une courtoisie affectée, les concurrents se souhaitèrent bonne chance, en suite de quoi ils s'élancèrent côte à côté en petite foulée vers l'escalier au fond du couloir.

***

            Pour échapper à la vigilance des adjoints du Grand écuyer de France, sous la responsabilité duquel était placée l'école des pages de Louis XIV, les pensionnaires avait mis au point une solution d'évasion qui avait fait ses preuves : descendre au rez-de-chaussée, entrer dans une minuscule remise, puis se faufiler par l'unique fenêtre dont les barreaux avait été habilement descellés. Les deux concurrents se retrouvèrent ensemble à l'intérieur de ce réduit obscur et puant.

            – Après vous, monsieur le duc, chuchota Jean.

            – Puisque c'est moi qui vais l'emporter, courbez donc l'échine, monsieur le marquis, et que votre dos me serve de marchepied.

            – Marchepied, voilà qui rime avec poing sur le nez, gronda Jean. Écarte-toi, malotrus !

            – Je n'en ferai rien… cornecul ! Pardonnez, c'est pour la rime.

            Ils en seraient sûrement venus aux mains, si Jean n'avait pas tout à coup pensé : « Que dirait de moi ma princesse des fleurs[3], si elle me voyait me chamailler, tel un chiffonnier, avec ce misérable individu ? » Cette salutaire interrogation le ramena d'un coup à plus de dignité et, avec une politesse affectée il s'effaça. Il ne put toutefois s'empêcher de marmonner, tandis que son condisciple enjambait la fenêtre, cette citation de l'Évangile :

            – Plusieurs des premiers seront les derniers, et plusieurs des derniers seront les premiers.

            Lorsqu'il se retrouva à son tour sur le pavé grossier de l'avenue de Saint-Cloud, son premier réflexe fut de chercher François du regard. Curieusement, celui-ci s'était déjà évaporé dans la nuit, sans doute en rasant le mur de la Grande Ecurie. Jean prit une profonde inspiration, puis s'avança jusqu'au coin du bâtiment afin de jeter un regard vers l'entrée du château. La Garde suisse veillait derrière les hautes grilles fermées. Elle semblait même plus vigilante que d'ordinaire, car les hommes ne jouaient pas aux dés autour d'un tonnelet, mais déambulait l'arme à l'épaule. Ce n'était pas de bon augure vu la sottise qu'avaient imaginée les pages de la Chambre pour régler le différend qui opposait les deux concurrents – Jean ne se souvenait d'ailleurs même plus vraiment de ce qui avait causé leur énervement lors de la leçon de latin, et s'était terminé à la sortie par une série de soufflets[4] à la figure.

            « Finalement, un duel à l'épée n'eût pas été moins stupide », se dit-il.

            – Allez, Jean, concentre-toi, tu as déjà perdu une longueur sur ce faquin.

            L'adolescent ferma les yeux pour visualiser son parcours. Comme François, il allait contourner par l'est la Grande puis la Petite Écurie Royale, s'enfoncer dans la ville vers le sud, suivre le mur d'enceinte des jardins du palais… Parvenu à la poterne percée à hauteur de l'Orangerie, il utiliserait la clé qu'il avait acquise à grand frais pour pénétrer dans le parc. Jusque là, ce ne serait qu'un jeu d'enfant, mais ensuite il lui faudrait entrer dans le château, et pas par n'importe quelle porte : sa désignation était dans l'énigme.

            Avant de se lancer dans cette première étape de la course au trésor, il alla s'isoler dans une étroite impasse, s'agenouilla sur le sol en terre battue, puis alluma un minuscule bout de chandelle qu'il posa devant lui. Ayant décacheté puis déplié le rouleau, il lut à mi-voix le texte suivant :

            – « Bien que vous n'ayez pas la qualité d'hôte de marque, vous devrez, tel Condé en retour d'exil, être reçu par Sa Magnificence en pleine gloire. Ensuite, vous devrez soutenir le divin regard du Soleil et monter vers lui, le cœur plein de reconnaissance. Vers quel horizon tourner ensuite vos pas ? La curiosité vous guidera, et sous le tombant qui vous concerne, vous trouverez dans le rouleau marqué d'un J l'espoir de poursuivre votre chemin. »

            Jean émit une plainte de découragement.

            – Fichtre ! Il n'y sont pas allés de main morte, commenta-t-il à voix haute.

            Il se concentra et déjà, presque étonné, commença à entrevoir la solution. Il se souvenait que le Grand Condé, l'un des chefs de la Fronde[5], avait été pardonné par le Roy-Soleil après qu'il eût remporté la bataille de Seneffe contre Guillaume d'Orange. Le souverain l'avait reçu en grande pompe. C'était en… 1674. De cela, Jean était sûr. Mais où ? Où Sa Majesté avait-elle accueilli ce frondeur repenti ? Il réfléchit, se tritura la mémoire, soumit sa cervelle à un intense bouillonnement… En vain ! Jusqu'à ce qu'il se rappelle que dans une énigme chaque mot compte. Il relut donc le texte : « Bien que vous n'ayez par la qualité d'hôte de marque ».

            Où le roi accueillait-il parfois ses hôtes de marques, par exemple des ambassadeurs ?

            – Des ambassadeurs ! s'exclama-t-il.

            Il avait trouvé. La suite fut d'une facilité déconcertante à résoudre. Car une fois gravies les marches de l'escalier des Ambassadeurs, il entrerait dans le petit appartement du roi. Or Jean en connaissait parfaitement toutes les pièces. L'une d'elles était le salon de Pandore[6] ! Il bondit sur ses pieds et fila comme un dératé, convaincu de devancer son adversaire.

 

 



[1] Jean de Courçon était le fils unique d'un marquis auvergnat désargenté, mais de vieille noblesse.

[2] L'école des pages comptait 125 élèves, dont 24 attachés spécifiquement à la personne du roi, les pages de la Chambre.

[3] Il s'agit de Prunelle Collinot, fille d'un des chefs jardiniers de Versailles.

[4] Gifles.

[5] La Fronde (1648–1653) fut un mouvement de révolte des princes, dont le Grand Condé, contre le pouvoir royal à l'époque de la régence de la reine-mère, Anne d'Autriche.

[6] La première femme, dans la mythologie grecque. Cédant au démon de la curiosité, elle ouvrit la boîte contenant tous les maux de l'humanité. Elle la referma vivement, mais il n'y restait plus que l'Espérance.

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03 juillet 2012

Rien que du bon...

Rien que du bon... Pour le Manuscrit volé d'abord avec sa sélection dans le prix des collégiens du Doubs. Ensuite, cette chronique glanée sur le site d'encres vagabondes : http://www.encres-vagabondes.com/magazine/tenor3.htm

" Arthur Ténor tient ses lecteurs en haleine de la première à la dernière page en leur offrant une visite du Paris de la fin du XVIIe siècle, avec un contraste saisissant entre le faste du château de Versailles et la vie dans les quartiers populaires de la capitale. Une lecture passionnante à ne pas manquer, un livre qui doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques destinées au jeune public. " Serge Cabrol.

Dans la revue J'adore lire :

J'adore lire Complot versailles

Et sur Histoire d'en lire :http://www.histoiredenlire.com/epoque-moderne/ecole-pages-roy-soleil-manuscrit-vole.php

Sur le blog de Minouchette http://minouchette.cowblog.fr/a-lire-d-urgence-193023/1.html: Un petit chef-d’œuvre pour jeune public que j’ai dévoré ! Ecrit en petits paragraphes l’auteur nous pousse à poursuivre notre lecture pour découvrir la suite. Un roman bourré d’intrigues et de rebondissements, un délicieux suspens mêlant amour et humour, un roman à ne pas rater ! A lire d’urgence

L'avis d'Histoire d'en lire

 

Avis Le Manuscrit volé

A peine remis de ses émotions après sa première enquête, le jeune page Jean de Courçon reprend du service dans ce second tome Le Manuscrit volé. Et comme nous connaissons déjà les personnages principaux, le récit est encore plus rythmé que le premier opus. Il y a beaucoup de suspense, des rebondissements et un final auquel on ne s'attend pas du tout !

Dans cette suite de L'Ecole des pages du Roy-Soleil, l'auteur Arthur Ténor nous invite cette fois-ci à découvrir les bas-fonds de Paris. Et quoi de plus étonnant de le faire en compagnie de Monseigneur le duc du Maine, fils du Roi Louis XIV en personne. Cette situation prête d'ailleurs plusieurs fois à sourire, car malgré son déguisement imparfait, ses habitudes royales reprennent vite le dessus. Cela accentue d'autant plus le contraste qui a réellement existé entre le faste et la magnificence du Château de Versailles et les quartiers pauvres, malsains de Paris où vit une population désargentée.

Tout au long du roman, on apprend encore de nombreux éléments concernant la vie à la Cour de Versailles, les règles de l'étiquette. Le règne de Louis XIV est une période si vaste et si passionnante à explorer. On apprécie d'autant plus de le faire avec plaisir grâce à cette nouvelle aventure.

Enfin, voici venir avec certitude cette fois les nouvelles aventures de Jean de Courçon. Ce sera le 23 août prochain. En avant-première, la couverture... (notez que le titre n'est pas le bon. Le T3 s'intitulera " Une nouvelle affaire des Poisons ").

 

Ecole des pages 3 couv_versailles

 

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03 mai 2012

La bonne nouvelle du jour...

" le prix littéraire « d'Onet à lire » 2012 a été attribué à « Sabotage en série à Versailles », d'Arthur Ténor. Les 94 enfants du jury littéraire du vendredi se sont exprimés et ont placé en tête ce roman jeunesse, au cumul des voix des deux journées de vote. Cette édition a couronné un roman historique et policier original d'un grand auteur jeunesse. L'auteur viendra à la rencontre des élèves au collège, courant juin, et recevra son prix lors d'une soirée à la médiathèque ; une occasion aussi pour dédicacer son livre à chaque enfant du jury. Des livres qui, rappelons-le, sont offert par la mairie d'Onet, partenaire de cette action. " Source La Dépêche.fr

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21 février 2012

Le T3 se fait attendre...

Les nouvelles aventures de Jean de Courçon auraient dû sortir le 26 janvier. La publication a été repoussée pour des raisons techniques au 26 août prochain. Patience donc.

En voici le " pitch " : " Lors d’une escapade nocturne à travers le château du Roy-Soleil, le page Jean de Courçon surprend une conversation entre deux individus non-identifiés. Il serait question de mettre un terme au pouvoir de nuisance d’un haut personnage de la cour. Jean file l’un de ces comploteurs et parvient à le surprendre en train d’acheter chez un émule du marquis de Sainte-Croix (celui qui a révélé l’affaire des poisons) des ingrédients potentiellement mortels. Avec l’aide de Prunelle, il se lance dans une enquête délicate et non dénuée de dangers pour découvrir, d’abord, le nom de la victime présumée. Jean informe le Grand Ecuyer de France qui ne prend pas l’affaire au sérieux, mais le laisse poursuivre ses investigations. En espion efficace, Jean parvient à obtenir des informations sur l’heure et le mode opératoire de l’empoisonneur (dont l’identité reste à découvrir). Il tente d’empêcher cet assassinat... en vain. Une enquête qui se termine mal ? La vérité, c’est que cette affaire d’empoisonnement était beaucoup complexe qu’il n’y paraissait. “

 

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25 novembre 2011

Dernières critiques sur Le manuscrit volé...

En attendant les nouvelles aventures de Jean de Courçon, " L'autre affaire des Poisons " à paraître en janvier, voici un récapitulatif des chroniques récentes glanées ici et là sur le web :

Lu sur blog d'Elina http://elinaloulou.canalblog.com/archives/2012/02/15/23524710.html :

Un chouette livre jeunesse, pas gnangnan.  Pas de petit ami trop beaaaauuuuuuu, ni de midinette.  Un peu d'érudition que diable !  On apprend des choses sur Versailles, le vocabulaire est soutenu...  Ça fait du bien dans la littérature jeunesse !

Humour, amour, intrigues, rebondissements...  J'ai vraiment apprécié le premier tome de cette série et je compte bien livre les tomes suivants...

Et ce qui ne gâche rien, la couverture est signée Benjamin Lacombe, quand même !!

Lu ce commentaire sur Amazon : si on l'en croit, c'est le best assuré !

C'est avec un énorme plaisir que l'on retrouve Jean de Courçon dans une nouvelle aventure versaillaise. Il doit retrouver à tout prix le manuscrit du Roi "Manière de montrer les jardins de Versailles" avant que celui-ci ne rentre d'un séjour à Marly. Cette enquête va permettre d'introduire un personnage de la plus haute importance : Louis-Auguste, fils légitimé du Roi, qui souhaite pimenter sa vie en aidant Jean de Courçon à résoudre l'énigme.
Arthur Ténor nous entraîne à un rythme soutenu dans les rues de Paris où il décrit l'ambiance des quartiers populaires de l'époque. Pas de répit : l'aventure est présente à chaque chapitre, sans longueur, sans monotonie. Le vocabulaire est riche tout en étant très abordable pour des enfants bon lecteur à partir du CM2. Les amateurs d'enquête à la cour du Roy Soleil seront comblé. A découvrir ABSOLUMENT !

Lu sur les chroniques de l'Imaginaire : http://climaginaire.com/index.php/climaginaire/Livre/Jeunesse/Inclassable/Le-manuscrit-vole

" Un charmant petit roman, second tome d'une série qui a débuté en janvier 2011 avec Sabotages en série à Versailles. Les tomes peuvent sans soucis se lire dans le désordre, voire indépendemment l'un de l'autre. La preuve, je n'ai pas lu le premier et je n'ai eu aucun problème à suivre. Aucun problème, mais une grande envie de découvrir le début des aventures de Jean de Courçon en revanche !

L'intrigue est très agréable, multiplie les rebondissements sans laisser au lecteur le temps de s'ennuyer. L'ambiance de la cour de Louis XIV est vraiment bien décrite, et Arthur Ténor connaît manifestement bien l'époque dont il est question. Assez en tout cas pour donner à l'atmosphère un vrai parfum de vraisemblance. Le vocabulaire est recherché sans être trop soutenu et les notes de bas de pages viendront au secours des jeunes lecteurs. Pour compléter le tout, la belle couverture signée est Benjamin Lacombe. Un roman à recommander aux jeunes lecteurs à partir de neuf ans. Ecrite par Naolou le 07/10/2011 "

Lu sur le site Enfantipages (Le Monde) :Arthur Ténor (Lire aussi L'apprentie alchimiste : guet apens au cimetière, Les Duracuire : la grotte de montagnagriffes) a le don pour embarquer ses lecteurs dans des temps et des événements historiques tout en les agrémentant d'aventures et d'intrigues alléchantes. Le pari est une nouvelle fois réussi avec cette nouvelle série qui a Versailles pour cadre et l'école des pages du Roy Soleil pour pépinière ! Des héros attachants qui sauront capter l'engoument des jeunes dès 10 ans.

 

Blog de Clarabel : http://blogclarabel.canalblog.com/

A l'école des pages du Roy Soleil, Tome 2 : Le manuscrit volé

 

(lu par ma fille, 11 ans)

 

IMG_6144

 

Voilà un tome avec pas mal de suspense, où jusqu'au bout le secret est bien gardé. La mise en scène est théâtrale, Jean joue beaucoup la comédie, avec des scènes cocasses (comme lorsqu'il prétend être malade et se maquille à outrance). Prunelle est fidèle au poste, toujours charmante et attentive, très réfléchie, indispensable pour aider Jean et son enquête à avancer, même si elle ignore l'objet de leurs recherches (Jean doit effectivement tenir au secret la disparition du manuscrit du Roy). On fait connaissance avec un nouveau personnage, pour constituer le trio qui mènera l'enquête, il s'agit donc du marquis de VilleMandais. C'est un jeune homme avenant et qui cultive un certain humour. C'est aussi un roman qui introduit des faits historiques véridiques, ici on apprend l'existence de Louis Auguste, autrement dit le duc de Maine, le fils "préféré" de Louis XIV. Pour la première fois, on quitte Versailles pour se rendre à Paris (de nuit). De toute façon, le rythme de l'histoire n'offre pas le temps de souffler, Jean n'a que trois jours pour trouver le manuscrit volé. On n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer ! En gros, ce tome 2 confirme tout le bien pensé après la lecture du premier (du mystère, de l'action et un peu d'amour, tout ce que j'aime !).

 

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27 septembre 2011

Sabotages en série à Versailles - sélection prix

Une (première j'espère) nomination : Sabotages en série à Versailles est dans la sélection de la 6ème édition du " Prix littéraire d'Onet à Lire " à Onet le Château.

Et ce commentaire lu sur Amazon à propos du Manuscrit volé :

C'est avec un énorme plaisir que l'on retrouve Jean de Courçon dans une nouvelle aventure versaillaise. Il doit retrouver à tout prix le manuscrit du Roi "Manière de montrer les jardins de Versailles" avant que celui-ci ne rentre d'un séjour à Marly. Cette enquête va permettre d'introduire un personnage de la plus haute importance : Louis-Auguste, fils légitimé du Roi, qui souhaite pimenter sa vie en aidant Jean de Courçon à résoudre l'énigme.
Arthur Ténor nous entraîne à un rythme soutenu dans les rues de Paris où il décrit l'ambiance des quartiers populaires de l'époque. Pas de répit : l'aventure est présente à chaque chapitre, sans longueur, sans monotonie. Le vocabulaire est riche tout en étant très abordable pour des enfants bon lecteur à partir du CM2. Les amateurs d'enquête à la cour du Roy Soleil seront comblé. A découvrir ABSOLUMENT !

Et celui-là sur les Chroniques de l'imaginaire : http://climaginaire.com/index.php/climaginaire/Livre/Jeunesse/Inclassable/Le-manuscrit-vole

" Un charmant petit roman, second tome d'une série qui a débuté en janvier 2011 avec Sabotages en série à Versailles. Les tomes peuvent sans soucis se lire dans le désordre, voire indépendemment l'un de l'autre. La preuve, je n'ai pas lu le premier et je n'ai eu aucun problème à suivre. Aucun problème, mais une grande envie de découvrir le début des aventures de Jean de Courçon en revanche !

L'intrigue est très agréable, multiplie les rebondissements sans laisser au lecteur le temps de s'ennuyer. L'ambiance de la cour de Louis XIV est vraiment bien décrite, et Arthur Ténor connaît manifestement bien l'époque dont il est question. Assez en tout cas pour donner à l'atmosphère un vrai parfum de vraisemblance. Le vocabulaire est recherché sans être trop soutenu et les notes de bas de pages viendront au secours des jeunes lecteurs.

Pour compléter le tout, la belle couverture signée est Benjamin Lacombe.

Un roman à recommander aux jeunes lecteurs à partir de neuf ans.


Ecrite par Naolou le 07/10/2011 "

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25 août 2011

Les nouvelles aventures de Jean de Courçon

Ce jour d'hui, j'ai l'immense joie d'annoncer la venue au monde de mon dernier bébé. 238 grammes, une jolie frimousse peinte par Benjamin Lacombe (photo ci-dessous) et déjà un sacré caractère. Car le voici qui court déjà les librairies à la recherche du lecteur amateur d'enquêtes policières historiques, de poursuites endiablées, de Versailles au temps du Roy-Soleil... et, osons l'écrire, de lecture ténorienne.

Le voici. Souhaitons-lui un brillant avenir !

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" Lors d'une soirée, le page Jean de Courçon assiste à un événement inouï à la cour de France : un courtisan mauvais joueur se lève d'une table de jeu et dans sa colère bouscule Louis XIV. Cet incident aura pour logique conséquence de mettre fin à la présence de ce marquis à Versailles. Le lendemain, le secrétaire particulier du roi, Toussaint Rose, se rend en grand émoi chez M. le Grand Ecuyer de France, pour lui confier un grave souci qui ne doit pas être éventé : il a perdu le manuscrit du souverain « Manière de montrer les jardins de Versailles ». A moins qu'on ne le lui ait volé. le Grand Ecuyer de France charge le page Jean de Courçon d'effectuer les recherches, c'est-à-dire de mener une discrète enquête. L'apprenti détective dispose de trois jours pour aboutir... " 

En amuse-bouche, les premières lignes :

1

Incident lors de la soirée d'appartement

 

            Quand le gouverneur de l'école des pages avait convoqué Jean de Courçon et Camille d’Astignac, les deux amis s'étaient tout de suite doutés qu'ils n'aimeraient pas ce qu'on allait leur annoncer. Et comme ce jour-là était un mercredi et qu'ils appartenaient tous deux à la très enviée catégorie de pages de la Chambre[1], leur sort pour la soirée était pour ainsi dire scellé…

            Ventripotent et le nez haut, le chef du personnel et des pensionnaires de l'école accueillit les garçons avec son sourire coutumier d'homme perpétuellement satisfait de lui-même. Assis comme à son habitude derrière son immense bureau encombré de paperasses, il s'était calé contre le dossier de son fauteuil, les bras écartés sur les accoudoirs, gonflant le jabot telle une volaille – position qui lui avait valu son surnom de « maître Jarre ».

            – Bonsoir, messieurs ! J'ai une bonne et une excellente nouvelle. Par laquelle souhaitez-vous que je commence ?

            Les adolescents échangèrent un regard navré.

            – Pour une fois, monsieur le Gouverneur, n'en n'auriez-vous pas une mauvaise ? demanda Jean, d'un air plaintif.

            Son insolence fit d’un coup perdre son air goguenard au gros homme.

            – Ah, je vous en prie, monsieur de Courçon, ne commencez pas à fanfaronner ! Comme vous le savez, ce soir il y a appartement[2]. Vous vous tiendrez dans la chambre du Roi où seront les tables de jeux. Quant à vous, monsieur d'Astignac, vous officierez dans la salle voisine. Avec votre délicatesse habituelle, vous resterez auprès des mets, entremets et je-vous-en-remets, entendez : les buffets de gourmandises que vous aurez le plaisir de humer et de toucher des yeux à loisir. Allez, filez, petits veinards, et ne me remerciez pas.

            Sur quoi, il les congédia d'un geste impatient.

            Ayant regagné la cour de la Grande Écurie où ils étaient logés, les deux amis partagèrent leur déconvenue.

            – Quelle guigne ! fit amèrement Jean. Je devais retrouver Prunelle en fin de journée pour une promenade dans le parc.

            – Certes, mais ce n'est que partie remise. Si ça peut te consoler, dis-toi que tandis que tu suivras les joies et déboires des joueurs, moi je vais devoir tenir jusqu'à dix heures dans l'odeur de choux à la crème, les miasmes de sueur rance et les suaves effluves de bouches édentées…

            – S'il te plaît, Camille, épargne-moi ce genre de détail ! J’en ai déjà le cœur au bord des lèvres. Cela dit, j'avoue que tu as davantage de raisons de te plaindre. Aussi, je cesse là de maugréer.

            Jean soupira, puis fixa son ami avec dépit. Une fois encore, il fut frappé par la couleur de ses yeux, presque aussi noirs que sa chevelure. C'était un Gascon, « pure race » selon sa propre expression, alors que lui se qualifiait, guère moins modestement, d’« Auvergnat pur sang ». Ses yeux étaient du même châtain foncé que son abondante chevelure. Comme la plupart des pages, il portait celle-ci mi-longue, coiffant chaque matin avec grand soin ses élégantes ondulations, dont il n'était pas peu fier. Cela lui faisait au moins un avantage sur Camille, qui avait les cheveux raides comme les crins des chevaux du roi, qu'ils bouchonnaient amoureusement chaque matin. En dehors de cela, ils se ressemblaient diablement par leur tempérament aventureux et leur caractère farouchement indépendant.

            – Je file dans ma chambre, annonça Jean. j'ai une lettre à écrire à mon père. Nous nous retrouvons tout à l'heure ?

            – Hélas !

            Ils échangèrent un clin d'œil, puis se séparèrent.

***

            Conformément à leurs instructions, les pages désignés pour se tenir à la disposition des courtisans en cette soirée d'appartement – ils étaient cinq, en plus de Jean et de Camille – prirent position dans les salles du Grand Appartement. Chacune offrait un divertissement différent : ici on jouait de la musique de M. Delalande, là une comédie théâtrale. Autour du salon de Vénus, de somptueux buffets débordant de victuailles étaient offerts à toutes les gourmandises, et dans une pièce voisine étaient dressées les tables de jeux. Jean s'efforça de se caler dans un recoin discret d'où il pourrait tout voir sans trop être en vu, c'est-à-dire avec le moins de chance d'être sollicité. Le seul danger qu'il redoutât vraiment, si l'on pouvait appeler cela ainsi, était de se voir confier la mission de tenir les cartes d'un joueur, tandis que celui-ci s'enfuyait soulager un besoin naturel. Car alors, les autres de la table n'auraient de cesse d'essayer de le soudoyer, afin qu'il dévoilât malencontreusement le jeu de l’adversaire absent. Lorsqu'il ne s'agissait que de résister à un comte ou à un baron, Jean savait rester incorruptible. Par contre, si la malchance voulait que ce fût un membre de la famille royale… Il ferma les yeux, préférant ne pas y songer.

            Il les rouvrit sur une autre pensée, guère moins agréable. Sous ses yeux, autour de ces tables couvertes de dés ou de cartes à jouer, se perdaient, se gagnaient et se reperdaient des sommes indécentes. Ainsi, près de la cheminée, Mme de Montespan venait-elle de perdre en s'esclaffant, certes d'un rire amer mais sans réelle émotion, mille livres ! Mille livres, pesta intérieurement l’adolescent. Rien qu'avec cette somme, le marquis de Courçon, son père, aurait effacé un an d'intérêts de ses dettes. Le jeune homme soupira avec résignation, se disant que des deux, le plus malheureux n'était certainement pas le plus pauvre. Car l'encore belle ex-favorite en titre du roi était sur la voie de la disgrâce, évincée par l'austère Mme de Maintenon, épouse secrète de Sa Majesté. Et cela se lisait dans le bleu exceptionnel de ses yeux, ombré d'une rancœur hideuse, mêlée d'un chagrin corrosif.

            Le page observait pensivement cet ange déchu, quand un éclat de voix sur sa gauche le fit sursauter. Un courtisan mauvais joueur provoquait un esclandre, ce qui n'était pas courant lors de ces soirées où chacun veillait à ne pas élever la voix. Car le roi pouvait être là, s'en s'être fait annoncer. Jean écarquilla les yeux ; Louis XIV venait justement d'entrer dans la pièce. Il avait les traits tirés de fatigue, mais se montrait toujours aussi majestueux, jusque dans ses moindres esquisses de sourire, sa manière de caresser du regard tel ou tel courtisan, ou encore ses légères inclinaisons de tête pour saluer une dame.  

            Le joueur hors de lui ne pouvait voir le souverain, puisqu'il lui tournait le dos :

            – Vous avez triché, vous dis-je ! éructait-il, le souffle court. Et vous m'en rendrez compte, si vous n'annulez pas cette partie !

            – Voyons, marquis, du calme, nous ne sommes pas dans un tripot, tenta de le calmer un autre joueur de la table.

            – Ce n'est point à vous que je parle, monsieur, mais à ce manipulateur.

            Les joues empourprées, le marquis tendait un index vibrant vers celui qu'il accusait de tricherie. Ce dernier affichait la mine déconfite de l'innocent qui ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Jean le savait sincère, car il s'agissait d'un vieillard à demi sourd qui, de la manipulation, ne connaissait plus depuis belle lurette que celle de ses gros doigts boudinés avec lesquels il engloutissait des montagnes de friandises. Il avait tout de même la réplique habile :

            – Eh bien, mon ami, rasseyez-vous et cessez de rougir ainsi, on croirait que de constipation vous allez vous répandre.

            Cela fit éclater de rire le voisinage et acheva d'enrager le mauvais joueur. Jean bloqua sa respiration, car il vit venir la suite... Reculant pour lancer quelque nouvelle invective, le marquis bouscula une personne derrière lui, laquelle pourtant ne pipa mot. Il fit volte-face pour  prendre à partie ce nouvel innocent et se pétrifia… L'homme qu'il avait heurté n'était autre que le roi.

            – Eh bien, marquis de Villemandais, que vous arrive-t-il ? demanda Louis XIV d'une voix neutre.

            – Oh… Sire, je… Pardon, je ne…

            Le courtisan plongea en une révérence qui parut aussi ridicule que vaine pour apaiser le silencieux courroux royal.

            – Il nous semble que le jeu sied mal à votre santé, reprit le roi. Et nous craindrions que la prochaine perte importante ne vous cause une apoplexie. Aussi, nous vous conseillons de rentrer chez vous, et de ne point reparaître à la Cour avant que nous ne prenions de vos nouvelles.

            Livide, le maladroit redressa légèrement le nez pour tenter une supplication :

            – Mais sire, je vais fort bien. Nous étions en train de simuler une…

            – Bonsoir, monsieur, le coupa le souverain en se détournant.

            L'affaire était close et M. de Villemandais congédié de la Cour, sans doute à vie.

 

 

 


 

 

2

M. Toussaint Rose a des soucis

 

            Le lendemain, un peu avant midi, Jean put enfin retrouver sa charmante et si précieuse amie, la fille du chef jardinier Collinot qui répondait au doux prénom de Prunelle. La jeune fille avait été chargée de fleurir l'appartement de Mme de Montespan, situé au rez-de-chaussée du château, dans l’angle nord-ouest du corps central. Il la surprit en surgissant brusquement de derrière un énorme vase de Sèvre.

            – Je vous tiens, princesse des fleurs, vous ne m'échapperez plus ! fit-il en l'attrapant par la taille.

            Elle poussa un petit cri de surprise.

            – Jean, vous avez failli me faire peur ! Est-ce ainsi que l'on doit traiter une demoiselle, qui plus est une princesse ? feignit-elle de s'indigner.

            Prenant conscience de son audace, le page rougit légèrement.

            – Pardonnez-moi, j'ai… Je ne faisais qu'imiter Monsieur[3] surprenant quelqu'un au détour d'un couloir.

            Prunelle lui lança un regard en coin.

            – Quelqu'un ou quelqu'une ?

            – Le chevalier de Loraine[4], pour être précis. C'était ce matin après le Grand Lever du roi.

            – Je vois. Et vous avez trouvé cette facétie de bon goût ?

            Jean baissa les yeux, puis répondit avec un haussement d'épaule :

            – En vérité, j'avais pensé à une autre idée…

            – Ah oui ? Laquelle ?

            Il releva le nez pour fixer son amie droit dans ses yeux bleu ciel. Le visage clair et rond de la jeune fille était naturellement souriant, même quand elle s'efforçait de paraître soucieuse ou furieuse. Jean hésita à replacer sous la coiffe blanche bordée de dentelle de la jeune fille la courte mèche brune en virgule qui s'en échappait. Il prit sa respiration et finit par répondre :

            – Plutôt que vous surprendre… vous faire rire !

            Et à nouveau il la saisit à la taille, mais cette fois pour la chatouiller. Les éclats de rire cristallins de Prunelle résonnèrent si fort dans l'antichambre qu'un garde Suisse en uniforme bleu fit irruption dans la pièce, comme s'il y avait une agression.

            – Eh bien, que vous arrive-t-il ? s'enquit-il.

            – Oh, rien, monsieur le garde, nous imitions les grandes personnes, répondit Jean qui n'était jamais à cours d'explication.

            Cela fit sourire le Suisse, mais il conseilla tout de même fermement aux jeunes gens d'aller jouer dehors. Ce qu'ils firent tout en se racontant les derniers événements.

            En sortant sur la cour de marbre, ils aperçurent un personnage tout de sombre vêtu, au point de ressembler à un vicaire. Il s’agissait du très âgé Toussaint Rose, secrétaire particulier du roi. L'homme paraissait en grand émoi, voire désarroi, ce que remarqua immédiatement Jean et lui fit tout aussi prestement suggérer :

            – Éloignons-nous, Prunelle, avant qu'on ne nous appelle au secours.

            Les deux jeunes gens tournèrent les talons et commencèrent à prendre discrètement le large en direction de la galerie menant au parc. Soudain, une voix légèrement éraillée par la vieillesse les interpella :

            – Page ! Par ici, j'ai besoin de vous !

            Jean se figea. S'il s'était agi d'un courtisan ordinaire, il eût sûrement accéléré le pas et se serait éclipsé sans se retourner. En l'occurrence, il avait affaire au plus proche confident de Sa Majesté, et après le Premier valet de chambre Bontemps, autant dire au roi lui-même. Il se retourna et salua le secrétaire d'une élégante révérence :

            – Que puis-je pour Votre Seigneurie ?

            Prunelle fronça les sourcils, car elle trouvait que son camarade en faisait un peu trop, ce dont s'aperçut également le vieil homme :

            – Allons, cessez de faire le pitre et dites-moi si j'ai des chances de trouver M. le Grand chez lui.

            Jean réfléchit à voix haute :

            – Voyons, nous sommes jeudi, il est presque l'heure de se sustenter… Je dirais que oui ! M. le Grand Ecuyer s'apprête assurément à passer à table, à moins qu'il ne soit déjà en route pour Marly, car j'ai ouï dire que Sa Majesté allait y passer quelques jours.

            – Justement, il faut faire vite. Courez le prévenir que je viens le voir. C'est plus qu'important… très important !

            – Ah bon, ce serait si grave ? demanda Jean, laissant s'exprimer sa curiosité naturelle.

            – Allez, filez !

            Le page adressa un regard navré à son amie qui l'encouragea d'un hochement de tête à remplir promptement son office. Ce qu'il fit, non sans se demander quelle guigne le poursuivait, car depuis quelques jours, chaque fois qu'il voyait ou voulait voir Prunelle, survenait un impondérable ou un fâcheux du rang de M. Rose.

***

            Comme il l'avait déduit, Jean put délivrer son message directement au comte d'Armagnac qui était aussi le chef suprême, pour ne pas dire le divin souverain des Petites et Grandes Écuries royales, donc de l'école des pages. L'homme était dans ses appartements, à table avec madame la comtesse. Ils étaient en train de consommer d'un air sombre des langues de canard grillées (le délice absolu selon Jean de Courçon qui aurait sans hésitation vendu son âme pour une seule bouchée de ce mets délicieux.)

            – Vous pouvez disposer, le congédia sans le regarder M. le Grand.

            L'adolescent était à ce point fasciné par les douceurs caramélisées, alignées dans un plat d’argent au milieu de la table, elle-même couverte d'une fine nappe blanche, que le comte dut renouveler son ordre, et que sa femme pouffa dans sa serviette de table.

            – Vous savez combien je déteste la gourmandise, le gronda le gentilhomme.

            – Euh… pardon, monsieur, s'excusa Jean. Je disparais !

            Il tourna les talons, mais fut aussitôt rappelé :

            – Et ramenez ces choses en cuisine ! Je les trouve un peu trop salées.

            Le comte d'Armagnac désignait d'un index dédaigneux les langues de canard. Jean crut qu'il allait défaillir. Les joues empourprées de bonheur, il emporta le plat sur lequel il restait assez d'ambroisie[5] pour l'emmener au paradis.

            Tout en se régalant, assis sur un banc de velours vert dans l'antichambre de l'appartement du Grand Écuyer, Jean songeait qu'il recueillait là les fruits de la relation privilégiée qu'il entretenait avec cet éminent personnage du royaume. On peut même dire que celui-ci lui prêtait une attention presque paternelle, sauf devant les autres pages, se montrant alors davantage sévère et cassant à son égard. En quelques occasions, Jean avait en effet mené à bien pour lui des missions ou des enquêtes au cours desquelles il avait fait preuve d'une exceptionnelle sagacité.

            La porte s'ouvrit, le surprenant en train de se lécher consciencieusement les doigts. Un valet de la maison du comte apparut, puis s'effaça pour laisser entrer dans le vestibule M. Rose. Le page se figea, mais le secrétaire particulier du roi ne lui prêta qu'une attention furtive et passa devant lui sans lui adresser un mot. De nouveau seul, l’adolescent se hâta d'achever la dernière langue de canard grillée du plat. Une fois la chose faite, il se demanda à quelle voix il devait obéir. La première lui commandait de retourner prestement à ses affaires, c'est-à-dire de rejoindre ses camarades au réfectoire pour le déjeuner, avant d'attaquer une laborieuse après-midi de leçons d'arithmétique et de latin. La seconde, celle de son intuition, lui susurrait au contraire de ne pas bouger, car l'affaire du sieur Rose pouvait l'intéresser. Un instant, il fut tenté d'aller coller une oreille contre la porte, mais la sagesse l'en dissuada. Il fit bien car le vieux secrétaire ne tarda pas à reparaître. Cette fois, il s'adressa à lui :

            – Vous êtes encore là ?

            – En effet, monsieur le secrétaire, je suis là.

            – Vous attendez le dessert ?

            Jean ne put retenir un sourire. Il baissa les yeux timidement. Le temps qu'il trouve une réplique savoureuse, Toussaint Rose partait déjà, de nouveau tout à ses soucis. Le page soupira et se résigna à quitter à son tour les lieux, lorsque derrière lui le Premier valet de chambre du comte d'Armagnac surgit dans la pièce et l'interpella :

            – Ah tiens, vous êtes là ! Venez donc, monsieur le comte veut vous parler.

            Le visage de Jean s'illumina d'un grand sourire et il pensa « Je le savais ! »



[1] L'école des pages de Versailles comptait 125 élèves, dont 24 étaient affectés spécifiquement à la Chambre, c'est-à-dire à la personne du roi.

[2] Les soirées dites « d'appartement » avaient lieu chaque lundi, mercredi et, jeudi, de 19 heures à 22 heures.

[3] C'est ainsi que l'on nommait le duc Philippe d'Orléans (1640-1701), frère cadet du roi.

[4] En référence à Monsieur, Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, qui était épris du chevalier de Loraine.

[5] La nourriture des dieux dans la mythologie grecque.

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15 juillet 2011

Un peu en avance, la sortie de l'été...

Le 25 août sont annoncées les nouvelles aventures de Jean de Courçon, page à cour du Roy Soleil. En voici le pitch et la couverture de Benjamin Lacombe, avec un titre provisoire.

" Le page Jean de Courçon assiste à un événement inouï à la cour de France : un courtisan mauvais joueur se lève d'une table de jeu et dans sa colère bouscule Louis XIV. Cet incident aura pour logique conséquence de mettre fin à la présence de ce marquis à Versailles. Le lendemain, le secrétaire particulier du roi, Toussaint Rose, se rend en grand émoi chez M. le Grand Ecuyer de France, pour lui confier un grave souci qui ne doit pas être éventé : il a perdu le manuscrit du souverain, intitulé « Manière de montrer les jardins de Versailles ».A moins qu'on ne le lui ait volé. M. le Grand charge le page Jean de Courçon de mener une discrète enquête. L'apprenti détective dispose de trois jours pour aboutir.Aidé de la jolie et subtile Prunelle, fille d'un des maîtres jardiniers de Versailles, et duc de Maine, fils du roi, Jean va partir sur les traces du manuscrit, jusque dans les coins les plus malfamés de Paris, là où tente de se reconstituer une cour des Miracles et où se déroule une meurtrière guerre des chefs. Le danger devient pressant lorsque le fils du roi se retrouve mêlé à cette guerre entre clans de truands.Et le manuscrit ? Il sera retrouvé, certes, mais de la plus singulière manière et restitué de manière encore plus incroyable… et pourtant historiquement vraie. "

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10 juin 2011

Lu sur le site de Christophe Bouthier, et ailleurs

Lu sur le site de Christophe Bouthier : http://cdi.gannat.over-blog.com/

" Voici le 1er tome très documenté d’une nouvelle série d’Arthur Ténor.

Qu’en dire ?

-       Qu’il s’agit là d’un sympathique et nouveau roman historique d’Arthur Ténor et d’une lecture plaisante. Une lecture qui donnera envie aux lecteurs de se rendre sur le site du château pour retrouver les lieux décrits par Arthur.

-       Qu’il s’agit d’un récit à l’intrigue enlevée au suspense efficace, un récit qui plaira aux filles et aux garçons, une histoire rythmée dans laquelle l’humour et les bons mots ne sont pas absents. Bref, un agréable moment de lecture. " 

Lu ce commentaire sur Amazon " [...] Cette nouvelle série signée d'Arthur Ténor conjugue avec intelligence les faits véridiques et la part romanesque. Jean de Courçon est page à la Cour de Versailles (il est encore élève, plus précisément), il s'est entiché de Prunelle, la fille du jardinier, et ensemble ils vont tenter de mettre un terme aux actes de malveillance qui sévissent autour des fontaines du roi.
L'intrigue est enlevée, et de plus le ton est drôle, ce qui n'est pas pour me déplaire. On trouve des situations cocasses et d'autres qui tiennent en haleine - le suspense est entier, il y a pas mal de rebondissements et l'action ne faiblit jamais. La jolie romance entre Jean et Prunelle apporte également beaucoup de douceur et de sourire. Tout m'est franchement très sympathique. J'ai été séduite par l'intrigue, alors même que la couverture illustrée par Benjamin Lacombe me touchait déjà en plein coeur.  "

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